Curiosity is not going to kill this cat/La curiosité n'a jamais été un vilain défaut.
Monday, July 26, 2010
La nostalgie, une maladie suisse?
J'ai parlé plus tôt de la nostalgie, telle que l'analyse Isaiah Berlin, et je mentionnais que j'en suis une victime. Serait-ce parce que j'ai grandi en Suisse? Le terme nostalgie a été inventé au XVIIème siècle par un médecin suisse, Johannes Hoffer, qui introduisit le terme dans la thèse qu'il présenta à Bâle en 1688. Il avait composé ce mot à partir de racines grecques, algie douleur, et nost- le retour, pour le faire mieux accepter en tant qu'affection médicale par la communauté scientifique. Bien qu'adoptée par le corps médical, cette notion devient particulièrement importante au XIXème siècle, en parallèle avec le romantisme. Kant en traite déjà, intéressant, puisque Berlin rattache la pensée de Kant à la naissance du romantisme:
"Les Suisses ainsi que les Westphaliens et les Poméraniens de certaines régions, à ce que m'a raconté un général expérimenté, sont saisis du mal du pays, surtout quand on les transplante dans d'autres contrées; c'est par le retour des images de l'insouciance et de la vie de bon voisinage, du temps de leur jeunesse, l'effet de la nostalgie pour les lieux où ils ont connu les joies de l'existence." Kant
Cette maladie est beaucoup étudiée par les médecins militaire au XIXème. En particulier dans l'armée de Napoléon. Les médecins trouvaient ce mal particulièrement mystérieux chez les soldats suisses. Ces hommes venaient de contrées jugées ingrates, pleines de montagnes et de précipices, qu'il semblait extraordinaire de pouvoir regretter. Les soldats qui souffraient de cette affection en mouraient fréquemment. Etonnant, de nos jours, où la nostalgie ne semble plus tuer, comme si le fait qu'elle ait été démédicalisée lui ait ôté de son pouvoir.
Ci-dessous une référence à un article très complet sur la nostalgie.
http://www.sciencedirect.com/science?_ob=ArticleURL&_udi=B6VP7-3XG1T9P-3&_user=10&_coverDate=06/30/1999&_rdoc=1&_fmt=high&_orig=search&_sort=d&_docanchor=&view=c&_searchStrId=1411644103&_rerunOrigin=google&_acct=C000050221&_version=1&_urlVersion=0&_userid=10&md5=c62d9181dcfe107ca0ab7b5ac525c175
Résumé
Le terme « nostalgie « est un néologisme formé par le médecin alsacien Johannes Hofer pour désigner une maladie causée par le mal du pays, et qui associait un état dépressif à de graves perturbations physiologiques qui menaient régulièrement à la mort, à défaut du seul traitement possible, le rapatriement. L'histoire des conceptions et du traitement de cette véritable entité morbide pourrait résumer à elle seule l'évolution de la médecine et de la psychiatrie des trois derniers siècles. Si le Heimweh ne répond plus aujourd'hui aux canons de la scientificité, il n'en a pas moins laissé maintes traces dans nos théories et pratiques actuelles. Le romantisme allemand, plutôt que de voir dans la nostalgie une redoutable maladie, a fait de la Sehnsucht son véritable credo. L'absence dans l'espace devient perte dans le temps, mais la nostalgie romantique signifie aussi reconquête d'un passé mythique dans un avenir non moins imaginaire. Le danger est grand cependant de confondre dans cette quête les registres réel, imaginaire et symbolique. Les romantiques ont rarement su éviter ce piège, tout comme d'ailleurs certains cauchemars totalitaires du xxe siècle. Il existe cependant une sorte de bon usage de la nostalgie, qui peut être considérée aujourd'hui comme étant la métaphore du désir du névrosé.
Publié par - - Arabella Hutter
Saturday, July 3, 2010
The Huly Buble by Jon Ferguson
Jon in interview
Jon again in prank mode (below with mic)
Jon writes mostly long short stories, or short novels which often exhibit a sardonic sense of humor. The Huly Buble is shorter, and the humor more concentrated. It serves as an introduction to Jon's latest novel "The Flood" which just came out in French: "Le Déluge" (Editions Castagniééé, Vevey, Switzerland):
http://www.castagnieee.com/index.php?p=10&l=31
published by - - Arabella Hutter
Tuesday, June 15, 2010
La nostalgie
La notion de nostalgie m'intrigue. Je suis malheureusement une de ses victimes. Il suffit que le moment soit passé pour que je le regrette.
Isaiah Berlin traite de la nostalgie dans son livre "The Roots of Romanticism" (je ne crois pas qu'il existe une traduction). It présente d'abord la notion de profondeur, comme lorsque l'on dit d'une oeuvre ou d'un auteur qu'il est "profond". D'après lui, cette notion est aussi née avec le Romantisme, cette idée qu'il y a toujours plus sous les apparences.
A partir de là il explique que, puisque nous ne pouvons pas atteindre la totalité, puisque l'infinité est hors d'atteinte, il ne nous reste qu'à nous retourner et à regretter le passé. Les penseurs des Lumières croyaient fermement en un futur meilleur, il suffisait de trouver la bonne voie pour l'atteindre: les bonnes lois, les bonnes règles, les bons préceptes. Par contre les Romantiques aspirent à la perfection. J'ai beaucoup d'admiration pour la pensée de Berlin mais je ne suis pas tout à fait convaincue par son explication. J'y vois un exemple d'un penseur qui essaie de pousser un objet triangulaire dans un trou rond et qui affirme que la pièce s'imbrique parfaitement. La nostalgie est-elle vraiment seulement dûe à un manque de confiance en l'avenir? Même si elle est exacerbée chez les Romantiques, la nostalgie existe dans d'autres cultures, en extrême orient par exemple. J'ai longtemps cru que la nostalgie présente dans la culture Afro-Américaine était dûe à leur diaspora. Mais leurs pays d'origine en Afrique semblent avoir une profonde connexion avec la nostalgie Ecoutez Ismaël Lo ci-dessous, par exemple.
Ismail Lo:
http://www.youtube.com/watch?v=ogWBf5j9vVE&feature=related
Salif Keita:
http://www.youtube.com/watch?v=QFTw0c9ew3k
Billie Holliday et Louis Armstrong:
http://www.youtube.com/watch?v=qbmSmg1IhZE&feature=related
Contributed by - - Arabella Hutter
Friday, June 11, 2010
Of nostalgia
Ismail Lo:
http://www.youtube.com/watch?v=ogWBf5j9vVE&feature=related
Salif Keita:
http://www.youtube.com/watch?v=QFTw0c9ew3k
Contributed by - - Arabella Hutter
Wednesday, June 2, 2010
That drive
Still reading (for the second time) Isaiah Berlin's "The Roots of Romanticism", a book which seems to me crucial in understanding our times. Berlin argues that the Western world is still in a period of romanticism in its focus on the individual. And this romanticism is spreading through the world as culture abandon their group-oriented focus to turn to one's self.
I wonder whether Glissant ever speaks about romanticism in his writings, would be curious to know what his take on it is. Of "The Roots of Romanticism" more later, but in the meantime here's an interesting excerpt:
This is the beginning of the vast drive forward on the part of inspired individuals, or inspired nations, constantly creating themselves afresh, constantly aspiring to purify themselves, and to reach some unheard-or height of endless self-transformation, endless self-creation, works of art, constantly engaged in creating themselves, forward, forward, like a kind of vast cosmic desing perpetually renewing itself. This half-metaphysical, half-religious notion, which emerges from the sober pages of Kant, and which Kant repudiated with the greatest possible vehemence and indignation, was destined to have an extremely violent effect upon both German politics and German morals, but also upon German art, German prose and German verse, and then by natural transference upon the French, and upon the English as well.
Contributed by - - Arabella Hutter
Wednesday, May 26, 2010
Jeudis d'Afriqua Paris - dans l'esprit de Glissant
Articles sur mémoire coloniale et indépendance africaine:
http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/Independances-afrique-cinquantenaire-2010/p-6162-Memoire-coloniale-et-independances-a-lire.htm
Tuesday, May 25, 2010
at the G.I. Methodist clinic
Monday, May 24, 2010
Kant, la science moderne, moi
Sunday, May 23, 2010
Sunday at the Park
Motherhood
Heard a reportage on a maid working for wealthy whites in South Africa. She comes from Soweto where unemployment is 50%. A job is very hard to come by.
"When I started working here they gave me the cabin at the end of the garden. I asked if I could bring my two children. No, the cabin wasn't big enough, they said, I could only bring one. I had to chose. My daughter was starting adolescence and I thought she would need me more. I left behind my son who's 10. I don't understand why I have to be like a mother snake whose babies go and fence for themselves. Like a mother snake I don't take care of my son."
Contributed by - - Arabella Hutter
Friday, May 21, 2010
Walking down Houston St - miniblog
Thursday, May 20, 2010
Shopping dernier cri: 5 tableaux du Musée d'Art Moderne
Apparamment le vol des cinq peintures au Musée d'art moderne de la Ville de Paris aurait été une commande. Pas facile de revendre ce genre de recel sur le marché de Montmartre. Un choix assez étonnant, mais peut-être le commanditaire ne voulait vraiment qu'un ou deux tableaux et a fait escamoter les autres pour brouiller les pistes.
Contribué par - - Arabella Hutter
Monday, May 17, 2010
A week in New York, uh, five days actually
Monday, May 10, 2010
Mode ... glissantienne à Paris!
Message d'Astou Arnould, à propos du festival de mode organisé par Lucie Zambo à Paris qui devrait faire plaisir à Edouard Glissant, tant les magnifiques modèles (voyez les photos) expriment la joie de la rencontre des cultures!
A la fin du mois aura lieu à Paris le 2ème Festival de mode ethnique, "Métissages des styles", avec 15 créateurs de vêtements, lingerie, accessoires venant de France, de Burkina Faso et de Côte d’Ivoire.
Le samedi 29 mai 2010de 10H00 à 23H00, traiteur sur placeà la salle 66pelleport, au 66 rue Pelleport Paris 20ème, Métro Gambetta tel: 09.63.54.46.30
Au programme :
- - 10H00 à 18H00 entrée libre : Exposition vente
- 19H30 à 21H00 entrée payante : défilé de mode 5 créateurs renommés accompagné d'un spectacle de danse africaine
Article complet: http://www.categorynet.com/index.php?option=com_content&task=view&id=125126&Itemid=790&utm_source=twitterfeed&utm_medium=twitter&utm_campaign=mode&utm_content=Twitter
Vous pouvez aussi vous promener sur le blog Afriqua Paris, qu'Astou Arnould anime en collaboration avec Penda K. Traoré et qui traite de la bouillonante culture africaine parisienne. Comme son nom l'indique. http://afriquaparis.blogspot.com/2010/04/gabriel-okundji-auteur-invite-du-jeudi.html


Contribué par - Arabella Hutter en collaboration avec Astou Arnould
Wednesday, May 5, 2010
Tribeca, PEN, Nomad


As the Tribeca Film Festival was wrapping up, the PEN festival was in full swing with Salman Rushdie, Toni Morrison, Patti Smith, Richard Ford, and more. As well as the Nomad festival at the FIAF - Alliance Française - focusing on Lebanon this year. Hard to keep up with it all in NYC. I went to a panel about Dystopia and Utopia which included Jonathan Lethem and Eshkol Nevo. The discussion was interesting, many dystopia/utopia around the world today and in yesteryears. Jonathan Lethem talked about dystopic New York of the 70's. A Russian poet was there, talking in Russian which was then translated by an interpreter. Inga Kuznetsova. Whenever she spoke her face, her voice, her body vibrated with passion. All smiles and joy for utopia - writing, literature, anguish and pain for dystopic USSR. In front of a very restrained audience in a large CUNY auditorium she was holding nothing back, her emotions overflowing freely.
And later that night I went to a poetry reading. The international group of poets read translations from their poems. Again, a Russian, Pavel Nastin, read his poems in Russian. He was practically shaking with anticipation, whether dread or excitement, as he walked on stage. He read into the mic, his poetry's strong rhythms rippling through his body. Whether he was expressing sarcasm or nostalgia his whole body joined his voice in shaping the meaning. When he finished reading one a young woman would take over the mic and read the English version. He would run away to the back of the stage and wait there, in trepidation. When his turn was over he left the stage before the end of the clapping and rushed outside to smoke a cigarette.



























