Mapuche, un fantasme masculin rêvé par Caryl Férey
D'accord, l'utilisation du langage dans Mapuche est originale et la trame du polar est pas mal ficelée.
Mais.
Ce roman est un fantasme masculin. Quand j'étais petite, avant de m'endormir, je m'imaginais galopant sur un cheval, j'allais sauver les écoliers de mon école en feu.
Ce livre Mapuche suit la même veine. Le détective tente de sauver un certain nombre de personnes et découvre une sombre histoire d'enlèvements d'enfants dans le monde politique de Buenos Aires. Ces adoptions d'enfants de prisonniers politiques forment une part de l'histoire argentine bien documentée, il y a des documentaires bien étayés qui racontent ce triste épisode de la dictature. Finalement, après quelques épisodes héroïques, il sauve surtout sa jeune amante qui est évidemment beaucoup moins habile que lui et moins raisonnante pour ne pas dire intelligente. Mais les trans dans l'histoire subissent des morts horribles, ce roman incluant des épisodes d'ultra violence (comme ceux de Jo Nesbø, d'ailleurs), avons-nous vraiment besoin d'éprouver ce ton dans notre monde déjà frappé de génocides et de terreur d'état?
Utiliser l'histoire de peuples autres, c'est aussi ce qu'on appelle de l'appropriation culturelle, dans le sens que Caryl Férey n'est pas argentin, il se rend dans divers pays et s'approprie leur histoire pour créer un polar. Pourtant, en France, il y a aussi de sordides histoires dans lesquelles il pourrait puiser matière pour ses livres: le massacre à Paris le 17 octobre 1961 de centaines de Nords Africains par exemple, ou plus récemment l'abus sexuel d'enfants dans les écoles.
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