Monday, December 21, 2009

Une calviniste s'étonne d'un jeu judaïque

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Je prends une petite pause dans la série d'Edouard Glissant, nous reviendrons à lui et à Animesh Rai tout bientôt, promis. Pour faire un tour du côté du judaïsme.

Quand nos enfants étaient à l'école primaire, ils rapportaient des coutumes juives qu'ils y avaient apprises. En fait, c'est notre fils qui nous a demandé de célébrer Hanouccah. Moi, j'étais tout à fait d'accord. J'ai toujours été intriguée par les coutumes juives qui me paraissaient mystérieuses et symboliques. Si bien que nous allumons une bougie de plus sur notre menorah chaque soir de Hanouccah. Nous mangeons de la nourriture frite pendant cette période. Et nous jouons au dreidel ou sevivon. Chaque joueur place une pièce de monnaie, ou une noix, ou un bonbon, dans la cagnotte. Puis, chacun à son tour, ils font tourner une espèce de dé à quatre côtés, pour quatre royaumes, le dreidel. Soit le joueur gagne toute la cagnotte, ou la moitié, rien du tout, ou doit payer deux pièces. Les symboles hébreux épellent: Un grand miracle prit place là-bas.

J'ai grandi dans le berceau du calvinisme. On y apprend que tout gain doit être, et peut être, obtenu par un travail persévérant. Nous jouions à des jeux où l'on se déplace laborieusement case après case pour atteindre un paradis ou la maison. Pas dans le dreidel. Avec un seul coup de dé, on peut tout gagner ou au contraire il faut payer. Cette dépendance du hasard me semble à l'image de ce que le peuple juif a vécu au cours des siècles. Par périodes, il leur était possible d'accumuler des biens et peut-être une certaine stabilité. Qui pouvait disparaître par un coup de sort. Un prêcheur partriculièrement enragé. Un livre plein d'élucubrations sinistres. Un dictateur hystérique. Le jeu de dreidel est gai et léger, comme beaucoup de mes amis juifs. Nous rions quand nous perdons. Nous rions quand nous gagnons. Nous nous glissons subrepticement des bonbons dans la bouche. Mieux vaut en profiter avant que ça ne disparaisse.

Contribué par - Arabella Hutter



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